Amis lecteurs, vous n’arrivez toujours pas à vous remettre de la fin de « Les Autres Gens » ?, la bédénovela web qui vous a tenu en haleine pendant plus de deux ans ? ça tombe bien nous non plus… Comment s’est terminée cette aventure, qu’en retenir ? Thomas Cadène, initiateur de ce projet, qui a réuni une multitude d’auteurs de talent, nous raconte tout sans aucun détour !
EspritBD : Quand tu as démarré le projet, comment le voyais-tu ? Quelles sont les grosses différences avec ce que tu as finalement réalisé ?
Thomas Cadène : Il n’y en a pas. Sauf les circonstances. Je voulais un feuilleton, j’ai eu un feuilleton. Ce sont les coulisses qui ont été très différentes de ce que j’attendais. C’était beaucoup plus de travail que ce que j’avais naïvement pensé. Mais c’était également beaucoup plus de découvertes que ce que j’attendais. C’était riche et passionnant, j’ai beaucoup appris et j’ai fait de très belle rencontres.
EspritBD : Au départ du projet il y avait le numérique, l’envie de faire un collectif ou cette histoire que tu voulais raconter ? Voir les trois ?
Thomas Cadène : Aucun des trois. Le numérique c’était ce qui me paraissait évident pour faire ce que j’avais envie de faire : le feuilleton. L’histoire est venu bien après la mise en place du concept. Le collectif c’était une idée qui me travaillait un peu quand même, c’est vrai, mais c’était surtout un enjeu pragmatique. Et ça a été une des plus belles choses de cette aventure.
EspritBD : Peux tu nous expliquer une journée type de la création des Autres Gens ? Comment ce projet s’est mis en place ?
Thomas Cadène : Non. Je n’ai toujours pas compris moi-même. Il n’y a pas de journée type, il y a un temps long, une permanence de l’urgence. Rédaction de scénario pour les épisodes à venir, gestion des épisodes du lendemain, « recrutement » des dessinateurs pour les épisodes déjà écrits, gestion du planning, gestion des urgences diverses (techniques, humaines, pratiques, comptables)… Régulièrement, rémunération des auteurs, communication, presse. Il y a aussi les discussions avec Dupuis autour de tel ou tel problème sur le livre, discussion avec les scénaristes qui travaillent sur Les Autres Gens, etc, etc… C’était une sorte de mouvement perpétuel qui se nourrissait de lui-même.
EspritBD : Comment as-tu fais pour fédérer autant d’artistes ? Les connaissais-tu tous auparavant ? Est-ce le numérique qui les a séduit ?
Thomas Cadène : Je connaissais les premiers et je leur ai fait croire qu’on allait tous devenir immensément riches. Plus sérieusement, je ne sais pas ce qui les a motivé, c’est à eux qu’il faut poser la question. Je ne les connaissais pas tous (sauf les premiers) mais aujourd’hui, alors qu’il y a eu environs 100 contributeurs sur LAG, il y en a une bonne partie que je n’ai jamais rencontré.
EspritBD : Après deux ans d’existence, un succès certain, quelles raisons te poussent à arrêter LAG ? Et quelle est la suite pour cette série (en plus de la publication chez Dupuis) ?
Thomas Cadène : Je m’en suis expliqué ici. En gros j’étais épuisé et, surtout, je pense qu’il faut aussi savoir s’arrêter quand on tient encore la forme. Je ne voulais pas faire la saison de trop.
EspritBD : Quelques réactions de fans qui t’ont marqué, et dont tu voudrais nous parler ?
Thomas Cadène : Après la mort d’un des personnages il y a eu beaucoup de réaction assez fascinantes, parfois un peu violentes (verbalement) et c’était la première fois que je recevais ça. C’était la première fois que j’avais des lecteurs aussi impliqués dans leur lecture, c’est un des plus belle expérience d’auteur que j’ai pu vivre tout au long des Autres Gens jusqu’à la fin. Il y en a que j’ai rencontré, d’autres avec lesquels on a échangé sur twitter ou sur le forum du site… Globalement j’ai adoré nos lecteurs. Quand tes lecteurs sont des gens bien c’est extraordinairement encourageant (et flatteur). C’était un des aspects inattendu de l’expérience : j’ai rencontré quotidiennement les lecteurs, il y avait une relation entre auteurs et lecteurs unique.
EspritBD : Les réseaux sociaux sont devenus un phénomène de société, ces deux dernières années. T’es tu servi de ces réseaux pour LAG ? Comment ?, quels retours as-tu eu ?
Thomas Cadène : Oui, comme je viens de le dire. LAG était présent sur Facebook, sur Twitter, les réseaux étaient un moyen d’informer, de suivre les parutions, d’échanger avec nos lecteurs, de mettre en contact les lecteurs entre eux. On avait un usage très naturel des réseaux sociaux. On a environ 1750 « fans » sur Facebook et 900 followers sur twitter. Pour une BD qui n’est pas en accès gratuit c’est pas mal.
EspritBD : On ne sait pas si tu veux trop t’étendre sur tes futurs projet, mais à choisir, ton prochain projet : numérique, papier, ou les deux ? Ou autre ?
Thomas Cadène : Je raisonne surtout en terme d’opportunité et d’envie d’histoire. Je ne fais pas de blocage, j’aime les deux à condition de les respecter. En ce moment je fais de la BD jeunesse pour le magazine Moi Je Lis avec Christophe Gaultier. J’adore faire ça. Pour le reste… On verra.
EspritBD : En quelques mots : la BD numérique a-t-elle… un avenir selon toi ?
Thomas Cadène : Il me parait évident qu’elle a déjà un présent depuis pas mal de temps, elle est là. La question n’est pas de savoir si elle a un avenir, c’est l’évidence, la question c’est de savoir lequel.
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Thomas Cadène a passé deux ans, absorbé, par cette expérience. Reconnaissons le, à force de travail acharné, le résultat est exceptionnel ! Une expérience à la fois numérique et papier pour notre plus grand plaisir… Merci à lui pour ces précieuses réponses et surtout continuez à suivre « Les Autres Gens » sur le site, l’œuvre est toujours en ligne et c’est l’occasion de relire de nombreux épisodes fabuleux ! Il y’ en a que l’on aimerait oublier très vite pour avoir le plaisir de les redécouvrir mais ils nous restent longtemps en mémoire.
Et l’actualité de LAG sévit toujours sur Twitter et Facebook.
Ah, et Thomas a eu la gentillesse de se joindre à la Digiteam au lancement du site, cliquez pour découvrir son œuvre sur notre site !












