Mais qui est le Blogueur Pirate ? Ce blogueur légendaire qui vogue vers la gloire et la consécration reste bien mystérieux. Impossible de mettre la main dessus… (ah, c’est normal me dit-on dans l’oreillette car c’est à vous de le désigner).
Comme Long John Silver passant la main (ou plutôt le crochet), un futur blogueur sera le prince des mers le 27 janvier. Helkarava, poussé par les embruns et les tempêtes qui soufflent sur son blog, nous a chanté ses aventures BD.
Révélation Blog : Bonjour Helkarava, fléau des océans, on te connait, mais vaz-y, fais-nous ton numéro, s’il te plaît, fais-nous une belle entrée !
Helkarava : La pluie bataille la terre retournée des travaux immortels du nouveau tramway de la Villette, les trottoirs où les scooters remplacent les arbres se retranchent derrière les déchets urbains, alors la furie du TGV éventre les nuages maussades et humides. Apeuré d’une nouvelle journée sous le signe de l’asservissement je me creuse devant les bouchers où arrivent entassées dans des caddies les carcasses prêtes à être dézinguées à la machette, et comme dans la chanson de Léo Ferré : ça sent un peu le sang.
RB : Depuis quand navigues tu sur ces mers, ô abyssal pirate ?
Helkarava : Cela fait longtemps que les plombs qui entourent mes chevilles ont rouillé, je connais bien le fond des océans, j’ai tâté le papier comme j’ai tâté ma bite sauf que la dureté de l’un m’a fait céder pour l’autre. Ma maturité pointa le bout de son nez il n’y a pas longtemps, au moment où j’ai compris que – finalement – c’était un vrai métier et que – finalement – cela prenait du temps de faire quelque chose de convenable.
RB : Qu’est ce qui inspire une sombre terreur comme toi ? Des auteurs de bd peut être ?
Helkarava : Les portraits des pirates du Pébéo se trouvent dans mon cachot à côté de Beigebeder et Koons. Je ne crois pas que les dessinateurs – de BD, et non les imposteurs que sont les blogueurs – m’inspirent vraiment, ils me donnent certainement envie de dessiner mais je crois puiser mon inspiration vraie dans les salles de cinéma, dans les musées et dans la rue.
RB : Parle nous un peu de la colère qui t’anime, celle qui sert seule de moteur à ton blog, dont les voiles en lambeaux sont bien incapables de profiter de la brise marine.
Helkarava : Mon enfoiré de blog : Helkarava aux portes de l’enfer est comme un miraculé sortant de 10 ans de coma à qui on aurait amputé les deux bras. Cela doit faire cinq ans qu’il rampe dans la boue pour enfin s’élever un peu. Il en a fallut du temps pour arrêter de faire ces affreux dessins de moi même sur un fond blanc et se déroulant jusqu’à la raie du cul de l’Internet (qu’on appelle les strips). Mais le numérique me tue, cet enculé d’écran qui nous brûle les yeux et l’âme tous les jours, je veux frotter mes narines sur mes dessins fraîchement imprimés sur du papier, je veux pouvoir en faire des boulettes pour les jeter sur les indiens qui vendent du pop-corn dans les bars Parisiens. ‘faut pas déconner, la BD numérique c’est laid.
RB : On sait que tu as un rapport assez particulier avec le lecteur, peux tu nous en parler ?
Helkarava : Je crois que mon unique lecteur est ma mère, elle aime bien ce que je fais bien qu’il m’arrive parfois d’être vulgaire et de parler de pédés. Et comme tout le monde le sait : « si ta mère aime ce que tu fais, c’est que c’est mauvais ».
RB : Et personne d’autre ne vient pousser un petit cri sur tes créations ?
Helkarava : Il fut un temps où je laissais exprimer la plèbe mais étrangement elle ouvrait la bouche mais aucun son ne sortait.
RB : Tu es un solitaire, mais on murmure que tu connais un peu les autres pirates en lice…
Helkarava : Je ne fais pas trop parti de la blog bd connection, je ne dois pas être assez social où peut-être que je ne vais pas sur les bons forums, on ne doit pas m’aimer car on ne m’a pas invité à dessiner Les Autres Gens, le Drucker du blog BD. Pour les 29 autres j’en connais peut-être un ou deux mais ma position m’oblige à les détester, tout de façon ils votent tous Le pen.
RB : Et à terre, que faites vous ?
Helkarava : Dans la vie réelle – celle où l’on fait semblant de sourire et l’on dégobille des compliments à la charrette – je suis graphiste.
RB : Et la baie d’Angoulême ?
Helkarava : Je ne suis jamais venu à Angoulême, je me suis toujours dit que venir au festival en tant que visiteur et non en tant qu’exposant serait un affront pour ma personne, pour mon moi artistique mais j’ai prévu d’y aller cette année. C’est fou comme le monde du travail détruit la moindre parcelle d’amour propre qu’on a en soit, maintenant il m’arrive même d’acheter des BD sans même les lire comme un parasite dans la librairie.
RB : Si on devait éditer tes aventures maritimes, qu’est ce que ce serait ?
Helkarava : Je vais faire toutes mes notes de blog pensées pour le papier, puis j’augmenterai lentement le nombre de pages de ces dites notes pour finalement utiliser mes contacts à fin de me faire éditer. Après je pourrai mourir.
RB : Quel serait ton dernier mot avant de passer sur la planche ?
Helkarava : Je suis Joann Sfar.
Cette terreur des mers est réputée pour sa véhémence, alors prenez garde lorsque vous échouerez aux portes de l’Enfer ! Vous pouvez aussi suivre cet impertinent sur son Livre de Faces ou son recueil de gazouillis. Si vous pagayez plus loin, il est possible de diriger votre esquif vers le site de Révélation Blog, où vous pourrez graver une noix de coco d’un vote en sa faveur.
D’autres mousses ont déjà pris la mer, retrouvez leurs interviews sur l’article récapitulatif de Révélation Blog.










