Petit arrêt au SNAC pour cette interview. Non, ce n’est pas une sandwicherie mais bel est bien le Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs. Le sigle peut prêter à confusion et c’est pour cela que nous vous encourageons à lire cette interview de Hubert et de Jean-Philippe Peyraud, membres de la branche bande dessinée de ce syndicat… Et toujours prêts à sensibiliser les jeunes auteurs sur leurs droits !!!

SNAC : Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs
EspritBD : Peux-tu brièvement nous présenter le Snac, son action, et son fonctionnement ?
Hubert : Le SNAC, Syndicat National des Auteurs et Compositeurs, est un syndicat qui représente et défend les auteurs de différents secteurs (livre, musique, cinéma…) auprès des pouvoirs publics et des partenaires économiques. Il existe depuis plus de cinquante ans. Il intervient directement sur sollicitation, que ce soit un problème général (une modification de la loi par exemple), ou s’il est contacté par l’auteur pour un problème individuel. Dans ce cas, ça commence par des conseils, ça peut ensuite donner lieu à une médiation (le SNAC contacte l’autre partie au côté de l’auteur et essaie de résoudre le problème à l’amiable. Souvent, c’est un différent qui s’est envenimé, et l’intervention d’une personne extérieure permet de trouver de trouver une solution) ou si c’est nécessaire, le SNAC va au procès aux côtés de l’auteur. Le SNAC est dirigé par des auteurs qui sont bénévoles. Il a des salariés (secrétaires, juriste) qui assurent le travail au quotidien.
EspritBD : Comment vois-tu la particularité de la branche bande dessinée (GABD) ?
Hubert : Le SNAC-bd (ou GABD) est la plus jeune branche du SNAC, et comme il se doit, la plus remuante ! Avec environ 300 auteurs affiliés, c’est aussi la plus représentative de son secteur. Le GABD est né du constat d’un certain nombre d’auteurs (Trondheim, Arleston, Pedrosa, Chauvel… la liste complète des fondateurs est sur le site du SNAC-BD !) des limites de la négociation individuelle et donc de la nécessité d’une action collective pour défendre nos droits face aux maisons d’éditions et aux organismes publics (administration fiscale, Ministère de la Culture, SOFIA, etc). Ils ont décidé de monter un syndicat, mais il s’est avéré plus efficace de s’adosser à une structure déjà existante, ayant une expérience et une infrastructure. Le fait de faire partie du SNAC nous permet notamment de bénéficier des précieux conseils d’un éminent juriste spécialisé dans le droit d’auteur, Emmanuel de Rengervé.
Le SNAC-bd est dirigé collégialement par un groupe d’auteurs bénévoles, le Comité de Pilotage. Il n’y a pas de chef et chacun donne son temps suivant ses possibilités, si bien que le Comité change d’une année sur l’autre. Certains pilotes s’occupent plus particulièrement de certains dossiers (protection sociale, numérique, etc). Quand un auteur a un problème, il peut nous contacter soit par le site, soit en allant voir l’un des pilotes sur un festival (la liste des pilotes est aussi sur notre site).

N'oubliez pas le copyright quand vous affichez une oeuvre / ©Jean-Philippe Peyraud - Philippe Djian
EspritBD : Si je suis jeune, en plein démarrage, que je n’ai pas encore de contrat d’édition, ou de revenus liés à ma passion d’auteur de bd… Est ce que ça sert à quelque chose de vous rejoindre ?
Hubert : En général, quand on démarre, on se fait toujours monstrueusement avoir sur les premiers contrats que l’on signe. C’est presque un bizutage rituel, sauf que ce ne sont pas les auteurs qui le pratiquent sur les petits nouveaux, mais les éditeurs. Donc, commencer à comprendre les aspects juridiques AVANT n’est pas superflu. Parce que si on ambitionne de gagner sa vie avec ce que l’on fait, mais qu’on se fait systématiquement avoir et mal payer, eh bien ce sera beaucoup plus galère que nécessaire et on risque d’être dégoûté à la longue et de baisser les bras. C’est pourquoi nous pensons que la formation des auteurs est super importante.
Jean-Philippe Peyraud : Longtemps, se faire avoir pour son premier contrat a été perçu comme un passage quasi-obligatoire. Une sorte d’épreuve initiatique sympatoche. « Tout le monde passe par là », « C’est le métier qui rentre fiston ! ». La formation des auteurs, notamment dès l’apprentissage, en école d’arts, est donc indispensable. Pour prendre mon propre cas, je suis sorti de l’école sans savoir comment facturer mes premiers travaux. Et le statut d’auteur est largement méconnu des comptables et des impôts. Je ne vous parle même pas de mon premier contrat ! Du chinois ! Et personne autour de moi, à l’époque, pour me renseigner !
C’est pour ça aussi qu’un des premiers chantiers du GABD a été de réaliser Le contrat commenté, un mode d’emploi du contrat d’édition pour les auteurs de bande dessinée. Il décortique les différents articles d’un contrat classique. C’est une mine d’informations pour mieux comprendre les contrats que beaucoup d’auteurs signent sans lire. C’est un document en libre accès numérique, (complété notamment sur EspritBD, par les conseils de l’avocate Isabelle Sivan). On peut également commander la version papier au prix de 10€ + 2,40€ de frais de port auprès du SNAC. Quand on est jeune, en plein démarrage, sans contrat ou revenu lié à l’édition, il n’est peut-être pas indispensable d’adhérer au SNAC. Mais il est indispensable de s’informer sur les pratiques d’un métier qu’on envisage.

Le contrat commenté permet d'aider les auteurs
EspritBD : L’émergence d’Internet a changé la donne sur tous les plans. Au niveau économique, qu’est-ce qui a évolué, en bien ou en mal, à vos yeux ?
Hubert : Pour l’instant, le Livre Numérique n’a pas encore une véritable importance économique en France, mais ça peut changer très vite. Aux Etats-Unis et au Japon, ça représente déjà une part importante des ventes de livres. Ce qu’Internet a changé dans la bande dessinée, c’est l’apparition du blog BD. D’un côté, c’est génial : on peut montrer ce que l’on fait et toucher un public sans intermédiaire. Mais il n’y a pas de façon d’être rémunéré directement (les dons et la pub, c’est loin de suffire) si bien que pour pouvoir en vivre, pour l’instant, il faut passer par la case papier. Et c’est là que ça se gatte. Alors que l’auteur a créé une communauté de lecteur par son blog, qu’il amène à l’éditeur, ce qui lui assure une réelle visibilité (travail que l’éditeur n’aura pas à faire), on lui proposera une enveloppe très faible pour adapter son blog (réponse classique de l’éditeur : « Mais voyons, de toute façon, tout est déjà fait ! Et personne ne vous a demandé de le faire. Donc si je l’édite, je vous rends service ! ») sans plus de pourcentage sur le prix de vente (en général 8% jusqu’à 10 000 exemplaires vendus, ce qui fait par exemple 1,6 € par exemplaire sur un livre vendu 20 €. Il faut vraiment en vendre beaucoup).
Ce qui a évolué en mal ces dernières années, et ce n’est pas lié à Internet, c’est le nombre de livres publiés chaque année. On est en pleine surproduction, si bien qu’en moyenne les ventes par titre se sont effondrées, et comme les auteurs sont rémunérés sur le nombre de livre vendu, ils gagnent de plus en plus difficilement leur vie.
Jean-Philippe Peyraud : Il ne faut pas oublier que le numérique, à la base, a permis de considérablement baisser les coups de fabrication. La numérisation des planches par l’auteur, les couleurs informatiques, l’échange des fichiers… Autant de tâches qui ne sont plus pris en charge par l’éditeur, sans que l’auteur gagne plus. Alors même qu’il a eu à supporter l’achat de nouveau matériel. Le support promotionnel sur Internet (site, blog, Facebook…) est souvent assuré par l’auteur, alors que contractuellement ce devrait être du ressort de l’éditeur. Le piratage est un des sujets qui fait le plus polémique entre les membres mêmes du comité de pilotage. Si tous acceptent ou envisagent l’idée d’un accès libre aux biens culturels, le moyen de rémunérer les auteurs reste un problème. Problème qui se pose aussi pour les traducteurs, par exemple, avec les scantrads, qui voient leur profession dévaluée.

Combien peut gagner un auteur pour la vente d'une BD ?
EspritBD : Quels sont les sujets qui font l’actualité, au Snac (GABD) aujourd’hui ?
Hubert : Le numérique, bien sûr, qui est le gros dossier depuis deux ans. Au côté d’autres organisations représentant les auteurs, nous négocions avec le syndicat représentant les éditeurs une modification de la loi sur le sujet. Pour l’instant, contrairement à l’exploitation papier pour laquelle la loi fixe un certain nombre d’obligations à l’éditeur, on est dans un vide juridique total, ce qui est dangereux pour les auteurs. La protection sociale des auteurs, pour laquelle il y a beaucoup à faire. La formation.
Jean-Philippe Peyraud : Nous sommes également très attentifs à la baisse des avances sur droits et à la généralisation des forfaits, spécialement sur les ouvrages à forte pagination. Il n’est plus rare d’entendre les auteurs parler d’un projet en terme de rentabilité. Quelles solutions graphiques ils vont pouvoir inventer pour passer moins de temps sur un album sous-payé… Et la formation professionnelle. Même si elle va majorer nos notes de droits d’auteurs de quelques centimes, c’est un droit que nous avons obtenu et dont il va falloir suivre la mise en place.
EsrpritBD : Un dernier conseil pour la route ?
Ne jamais hésiter à demander conseil auprès d’auteurs ayant déjà une expérience du métier, notamment lors des premiers contacts avec les maisons d’édition. Il y a des éditeurs honnêtes et d’autres qui sont de véritables escrocs qui ont pour habitude de profiter du manque d’expérience des jeunes auteurs pour leur faire signer des trucs ahurissants. Et si vous ne connaissez pas d’auteurs autour de vous, n’hésitez pas à nous contacter !
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Merci à ces auteurs d’avoir répondu à nos questions. Si jamais vous avez encore des doutes sur la protection de vos œuvres, rendez-vous sur le site du Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs où vous y trouverez surement toutes les informations nécessaires. Derrière le SNAC, se cache une équipe de bénévole, engagée et volontaire, prête à rendre service à tous les jeunes auteurs !
Interview de Jean-Philippe Peyraud et Hubert, membres du SNAC
Petit arrêt au SNAC pour cette interview. Non, ce n’est pas une sandwicherie mais bel est bien le Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs. Le sigle peut prêter à confusion et c’est pour cela que nous vous encourageons à lire cette interview de Hubert et de Jean-Philippe Peyraud, membres de la branche bande dessinée de ce syndicat… Et toujours prêts à sensibiliser les jeunes auteurs sur leurs droits !!!
SNAC : Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs
EspritBD : Peux-tu brièvement nous présenter le Snac, son action, et son fonctionnement ?
Hubert : Le SNAC, Syndicat National des Auteurs et Compositeurs, est un syndicat qui représente et défend les auteurs de différents secteurs (livre, musique, cinéma…) auprès des pouvoirs publics et des partenaires économiques. Il existe depuis plus de cinquante ans. Il intervient directement sur sollicitation, que ce soit un problème général (une modification de la loi par exemple), ou s’il est contacté par l’auteur pour un problème individuel. Dans ce cas, ça commence par des conseils, ça peut ensuite donner lieu à une médiation (le SNAC contacte l’autre partie au côté de l’auteur et essaie de résoudre le problème à l’amiable. Souvent, c’est un différent qui s’est envenimé, et l’intervention d’une personne extérieure permet de trouver de trouver une solution) ou si c’est nécessaire, le SNAC va au procès aux côtés de l’auteur. Le SNAC est dirigé par des auteurs qui sont bénévoles. Il a des salariés (secrétaires, juriste) qui assurent le travail au quotidien.
EspritBD : Comment vois-tu la particularité de la branche bande dessinée (GABD) ?
Hubert : Le SNAC-bd (ou GABD) est la plus jeune branche du SNAC, et comme il se doit, la plus remuante ! Avec environ 300 auteurs affiliés, c’est aussi la plus représentative de son secteur. Le GABD est né du constat d’un certain nombre d’auteurs (Trondheim, Arleston, Pedrosa, Chauvel… la liste complète des fondateurs est sur le site du SNAC-BD !) des limites de la négociation individuelle et donc de la nécessité d’une action collective pour défendre nos droits face aux maisons d’éditions et aux organismes publics (administration fiscale, Ministère de la Culture, SOFIA, etc). Ils ont décidé de monter un syndicat, mais il s’est avéré plus efficace de s’adosser à une structure déjà existante, ayant une expérience et une infrastructure. Le fait de faire partie du SNAC nous permet notamment de bénéficier des précieux conseils d’un éminent juriste spécialisé dans le droit d’auteur, Emmanuel de Rengervé.
Le SNAC-bd est dirigé collégialement par un groupe d’auteurs bénévoles, le Comité de Pilotage. Il n’y a pas de chef et chacun donne son temps suivant ses possibilités, si bien que le Comité change d’une année sur l’autre. Certains pilotes s’occupent plus particulièrement de certains dossiers (protection sociale, numérique, etc). Quand un auteur a un problème, il peut nous contacter soit par le site, soit en allant voir l’un des pilotes sur un festival (la liste des pilotes est aussi sur notre site).
N'oubliez pas le copyright quand vous affichez une oeuvre / ©Jean-Philippe Peyraud - Philippe Djian
EspritBD : Si je suis jeune, en plein démarrage, que je n’ai pas encore de contrat d’édition, ou de revenus liés à ma passion d’auteur de bd… Est ce que ça sert à quelque chose de vous rejoindre ?
Hubert : En général, quand on démarre, on se fait toujours monstrueusement avoir sur les premiers contrats que l’on signe. C’est presque un bizutage rituel, sauf que ce ne sont pas les auteurs qui le pratiquent sur les petits nouveaux, mais les éditeurs. Donc, commencer à comprendre les aspects juridiques AVANT n’est pas superflu. Parce que si on ambitionne de gagner sa vie avec ce que l’on fait, mais qu’on se fait systématiquement avoir et mal payer, eh bien ce sera beaucoup plus galère que nécessaire et on risque d’être dégoûté à la longue et de baisser les bras. C’est pourquoi nous pensons que la formation des auteurs est super importante.
Jean-Philippe Peyraud : Longtemps, se faire avoir pour son premier contrat a été perçu comme un passage quasi-obligatoire. Une sorte d’épreuve initiatique sympatoche. « Tout le monde passe par là », « C’est le métier qui rentre fiston ! ». La formation des auteurs, notamment dès l’apprentissage, en école d’arts, est donc indispensable. Pour prendre mon propre cas, je suis sorti de l’école sans savoir comment facturer mes premiers travaux. Et le statut d’auteur est largement méconnu des comptables et des impôts. Je ne vous parle même pas de mon premier contrat ! Du chinois ! Et personne autour de moi, à l’époque, pour me renseigner !
C’est pour ça aussi qu’un des premiers chantiers du GABD a été de réaliser Le contrat commenté, un mode d’emploi du contrat d’édition pour les auteurs de bande dessinée. Il décortique les différents articles d’un contrat classique. C’est une mine d’informations pour mieux comprendre les contrats que beaucoup d’auteurs signent sans lire. C’est un document en libre accès numérique, (complété notamment sur EspritBD, par les conseils de l’avocate Isabelle Sivan). On peut également commander la version papier au prix de 10€ + 2,40€ de frais de port auprès du SNAC. Quand on est jeune, en plein démarrage, sans contrat ou revenu lié à l’édition, il n’est peut-être pas indispensable d’adhérer au SNAC. Mais il est indispensable de s’informer sur les pratiques d’un métier qu’on envisage.
Le contrat commenté permet d'aider les auteurs
EspritBD : L’émergence d’Internet a changé la donne sur tous les plans. Au niveau économique, qu’est-ce qui a évolué, en bien ou en mal, à vos yeux ?
Hubert : Pour l’instant, le Livre Numérique n’a pas encore une véritable importance économique en France, mais ça peut changer très vite. Aux Etats-Unis et au Japon, ça représente déjà une part importante des ventes de livres. Ce qu’Internet a changé dans la bande dessinée, c’est l’apparition du blog BD. D’un côté, c’est génial : on peut montrer ce que l’on fait et toucher un public sans intermédiaire. Mais il n’y a pas de façon d’être rémunéré directement (les dons et la pub, c’est loin de suffire) si bien que pour pouvoir en vivre, pour l’instant, il faut passer par la case papier. Et c’est là que ça se gatte. Alors que l’auteur a créé une communauté de lecteur par son blog, qu’il amène à l’éditeur, ce qui lui assure une réelle visibilité (travail que l’éditeur n’aura pas à faire), on lui proposera une enveloppe très faible pour adapter son blog (réponse classique de l’éditeur : « Mais voyons, de toute façon, tout est déjà fait ! Et personne ne vous a demandé de le faire. Donc si je l’édite, je vous rends service ! ») sans plus de pourcentage sur le prix de vente (en général 8% jusqu’à 10 000 exemplaires vendus, ce qui fait par exemple 1,6 € par exemplaire sur un livre vendu 20 €. Il faut vraiment en vendre beaucoup).
Ce qui a évolué en mal ces dernières années, et ce n’est pas lié à Internet, c’est le nombre de livres publiés chaque année. On est en pleine surproduction, si bien qu’en moyenne les ventes par titre se sont effondrées, et comme les auteurs sont rémunérés sur le nombre de livre vendu, ils gagnent de plus en plus difficilement leur vie.
Jean-Philippe Peyraud : Il ne faut pas oublier que le numérique, à la base, a permis de considérablement baisser les coups de fabrication. La numérisation des planches par l’auteur, les couleurs informatiques, l’échange des fichiers… Autant de tâches qui ne sont plus pris en charge par l’éditeur, sans que l’auteur gagne plus. Alors même qu’il a eu à supporter l’achat de nouveau matériel. Le support promotionnel sur Internet (site, blog, Facebook…) est souvent assuré par l’auteur, alors que contractuellement ce devrait être du ressort de l’éditeur. Le piratage est un des sujets qui fait le plus polémique entre les membres mêmes du comité de pilotage. Si tous acceptent ou envisagent l’idée d’un accès libre aux biens culturels, le moyen de rémunérer les auteurs reste un problème. Problème qui se pose aussi pour les traducteurs, par exemple, avec les scantrads, qui voient leur profession dévaluée.
Combien peut gagner un auteur pour la vente d'une BD ?
EspritBD : Quels sont les sujets qui font l’actualité, au Snac (GABD) aujourd’hui ?
Hubert : Le numérique, bien sûr, qui est le gros dossier depuis deux ans. Au côté d’autres organisations représentant les auteurs, nous négocions avec le syndicat représentant les éditeurs une modification de la loi sur le sujet. Pour l’instant, contrairement à l’exploitation papier pour laquelle la loi fixe un certain nombre d’obligations à l’éditeur, on est dans un vide juridique total, ce qui est dangereux pour les auteurs. La protection sociale des auteurs, pour laquelle il y a beaucoup à faire. La formation.
Jean-Philippe Peyraud : Nous sommes également très attentifs à la baisse des avances sur droits et à la généralisation des forfaits, spécialement sur les ouvrages à forte pagination. Il n’est plus rare d’entendre les auteurs parler d’un projet en terme de rentabilité. Quelles solutions graphiques ils vont pouvoir inventer pour passer moins de temps sur un album sous-payé… Et la formation professionnelle. Même si elle va majorer nos notes de droits d’auteurs de quelques centimes, c’est un droit que nous avons obtenu et dont il va falloir suivre la mise en place.
EsrpritBD : Un dernier conseil pour la route ?
Ne jamais hésiter à demander conseil auprès d’auteurs ayant déjà une expérience du métier, notamment lors des premiers contacts avec les maisons d’édition. Il y a des éditeurs honnêtes et d’autres qui sont de véritables escrocs qui ont pour habitude de profiter du manque d’expérience des jeunes auteurs pour leur faire signer des trucs ahurissants. Et si vous ne connaissez pas d’auteurs autour de vous, n’hésitez pas à nous contacter !
-
Merci à ces auteurs d’avoir répondu à nos questions. Si jamais vous avez encore des doutes sur la protection de vos œuvres, rendez-vous sur le site du Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs où vous y trouverez surement toutes les informations nécessaires. Derrière le SNAC, se cache une équipe de bénévole, engagée et volontaire, prête à rendre service à tous les jeunes auteurs !