Les supports graphiques sont en constante évolution depuis des millénaires, du mur d’une grotte jusqu’au fichier ‘psd’, en passant par le papyrus, la feuille de papier ou un abribus (attention, dans ce dernier cas c’est interdit). Comme toujours avec l’arrivée d’un nouveau support, on se demande comment vont s’agencer les rapports : l’avenir, c’est le numérique, le papier, ou les deux ? Doit-on les opposer, le nouveau doit-il supplanter l’ancien, ou sont-ils complémentaires ? Cette dichotomie, nous avons demandé aux auteurs de la Digi-team ce qu’ils en pensaient…
Je crois que le numérique est bien plus qu’un complément au papier, et bien un nouvel espace d’expression, débute Christophe Bataillon. Wandrille, dans son style et son franc-parler habituel, est catégorique : le numérique, ce n’est pas un complément au papier ! La BD c’est raconter en texte et en image. Le numérique vu juste comme un « supplément », genre « bonus DVD », c’est sans intérêt !
Alors certes, c’est aussi un moyen de se faire de la pub, un moyen de divertir les gens à leur travail, un moyen de réagir en deux secondes à l’actualité et un moyen de s’adresser directement à ses lecteurs, complète Elosterv, soit un moyen pour n’importe qui de montrer son boulot.
Wandrille reprend : à Angoulême, il y avait une personne qui faisait des livres numériques avec des illustrations animées mais non narratives. Il avait vraiment réfléchi son truc dans le sens de la lecture, et c’est ça qu’il faut garder à l’esprit : quand on fait de la BD numérique, on ne fait pas du jeu vidéo (proactif) ou du film (passif). On propose de la lecture, c’est à dire un acte où le lecteur est impliqué physiquement par l’acte de tourner la page.
Nous avons justement sous la main un très bon exemple d’une expérience qui se décline sur les deux supports de diffusion, à savoir Les Autres Gens, à l’initiative de Thomas Cadène. Nous en avions fait un espace de création, le papier est venu proposer une seconde version, en une forme de complément nous dit-il. Bien que d’autre part, les expériences narratives interactives d’Anthony Rageul sont purement numériques, et c’est aussi ce qui fait leur intérêt.
Tout serait plus simple à écouter Lommsek… A la question Le numérique est-il un complément au papier ? ou un nouvel espace d’expression ?, il nous répond Les deux, votre honneur ! Pour illustrer cette réconciliation, Christophe Bataillon part farfouiller dans les archives de Cococino World et nous livre cette expérience : La véritable histoire d’un e-mail de Philipponneau.












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